La région MENA n’apparaît dans aucune des cartes prioritaires des grandes organisations de santé mondiale — et c’est précisément ce qui la rend dangereuse à ignorer. Le financement disponible pour la riposte régionale ne couvre qu’environ 29% des besoins identifiés pour 2030, alors que les défis sanitaires s’y multiplient : VIH, infections sexuellement transmissibles, tuberculose, hépatites, et des risques émergents liés au changement climatique et à la santé environnementale.
Le VIH illustre bien cette invisibilité : la région affiche la prévalence la plus basse au monde, mais c’est l’une des seules où les nouvelles infections continuent d’augmenter — +94% depuis 2010 — et moins d’une personne sur deux y a accès à un traitement antirétroviral, contre plus de trois sur quatre ailleurs dans le monde. Une même logique se retrouve, à des degrés divers, sur d’autres fronts sanitaires de la région.
C’est pour combler ce vide qu’ITPC-MENA travaille dans 14 pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec une approche One Health qui relie santé humaine, santé animale et environnement — particulièrement pertinente dans une région parmi les plus exposées au monde au stress hydrique et au changement climatique. Notre rôle : rendre visibles les données, connecter les acteurs locaux aux instances internationales, et porter la voix des populations les plus exposées.
